Construit vers 1930 au cœur de Villars-sur-Ollon (VD), l’hôtel Alpe Fleurie est un établissement familial entré résolument, avec la troisième génération et son actuel directeur Stéphane Michellod, dans l’ère de l’efficacité énergétique et de la décarbonation. Avec un florilège de mesures ambitieuses !
Plusieurs raisons peuvent engager sur la voie de l’efficacité énergétique et de la décarbonation. En premier lieu certes, il se trouve, depuis un quart de siècle maintenant, la contrainte légale, adoucie d’incitations telles que le remboursement de la taxe CO2. Mais l’incitation financière provient aussi, calculs faits, des réductions de coûts énergétiques apportées rapidement par des mesures simples, de bon sens, peu coûteuses, ou dans un délai acceptable par des investissements plus conséquents. Et il y a aussi cette raison qui s’impose fréquemment, plus ou moins tôt : cette satisfaction de réagencer, modifier, remplacer, optimiser, articuler ensemble patiemment, année après année, comme une belle mécanique, des équipements et des pratiques, et la satisfaction ainsi de conformer son entreprise aux exigences d’efficience énergétique et de durabilité qui marquent notre époque d’urgences environnementales – auxquelles sont venus s’ajouter des éléments géopolitiques qui pressent à repenser les ressources énergétiques.
Les années récentes de l’hôtel Alpe Fleurie racontent un tel itinéraire. Celui-ci s’est amorcé en 2013 quand un groupe d’hôtels du lieu, sous l’égide de l’Association Romande des Hôteliers, s’est constitué pour signer collectivement, accompagné par l’AEnEC, une convention d’objectifs avec la Confédération. Pour l’hôtel Alpe Fleurie, se sont ensuivies diverses mesures d’efficacité listées au fil d’audits. « Et je me suis découvert une âme écolo », sourit Stéphane Michellod, le directeur de l’établissement. Rien de surprenant dirons-nous à cette sensibilité « réveillée » : on ne peut que penser qu’elle puise à cette même source, ce même souci du détail, des choses bien faites, qui a valu leur esthétique aux chambres et suites de l’hôtel – un simple coup d’œil sur le site de présentation de celui-ci permet de s’en convaincre.
Mesures ambitieuses
Accompagné administrativement et techniquement aujourd’hui par le conseiller AEnEC Julien Messer, qui apporte par ailleurs avec lui toute l’expertise énergétique de Groupe E, Stéphane Michellod peut faire valoir, fièrement, tout un cortège de mesures ambitieuses mises en œuvre. En 2016, un changement de chaudière a permis que le gaz naturel soit substitué au mazout. En 2018, la réfection de la toiture et l’amélioration de son isolation se sont accompagnées de la pose de panneaux solaires. « Le maximum possible », a insisté alors Stéphane Michellod : la production annuelle de l’ordre de 20 000 kWh couvre actuellement 20% des besoins de l’hôtel, en attendant une extension de la surface de panneaux à l’occasion de la réfection annoncée de la vaste terrasse exposée plein sud. En complétant alors d’une batterie, Alpe Fleurie pourrait envisager des périodes d’autonomie. Les améliorations à l’enveloppe du bâtiment se sont poursuivies avec la réfection de la façade à l’est en 2020, puis de la façade nord en 2023 en même temps que le triple vitrage se généralisait pour les fenêtres.
Et comme il n’est pas de détail qui ne compte au final, les TV les plus anciennes, moins performantes énergétiquement, ont été systématiquement remplacées et les mini-bars dans les chambres ont été supprimés. « Les minibars figurent sur le cahier des charges qui détermine le classement d’un hôtel, explique Stéphane Michellod, mais c’est un petit luxe qui coûte bien davantage, en frais énergétiques, qu’il ne rapporte. Pour nos clients qui ont un besoin de froid pour des médicaments, nous mettons très simplement à leur disposition un coin de nos réfrigérateurs ».
2025, année charnière
La convention signée collectivement en 2013, valide pour dix ans, étant arrivée à échéance, Alpe Fleurie s’est engagé par une nouvelle convention en 2025. Mais l’hôtel fait cavalier seul désormais, avec toute l’énergie d’un Stéphane Michellod motivé par tous les progrès déjà accomplis.
Julien Messer souligne ainsi que « cette même année 2025, la cuisine a été complètement rénovée, l’occasion de remplacer les fourneaux à gaz par des plaques à induction, ce qui a permis une décarbonation notable du site, avec une réduction d’environ 10% de ses émissions de CO2. » Et de préciser : « Avec les tarifs élevés de l’électricité, cette mesure n’est à priori pas rentable, mais elle devient nettement plus intéressante avec l’apport d’électricité des panneaux solaires. Par ailleurs, cette technologie apporte un gain de confort à l’exploitation. »
Pour ce qui est du froid, la nouvelle production centralisée pour les chambres froides et les comptoirs frigorifiques a été complétée d’une récupération de chaleur sur le compresseur unique à haut rendement, qui contribue ainsi à la production de l’eau chaude du bâtiment. De même, la ventilation sera prochainement revue, avec récupération de chaleur valorisant également le rejet de chaleur des sèche-linge. Sur ce point de la ventilation, Stéphane Michellod pointe un autre détail qui ne l’est pas vraiment, énergétiquement : « Nos salles de bain, toutes équipées d’une fenêtre, ne recourent pas à un dispositif de ventilation mécanique, et ce sans le moindre problème d’humidité ».
Et pour le solde de chaleur qui provient encore du gaz via la chaudière, ses jours sont comptés, il reste à déterminer laquelle de ces solutions s’imposera : pompe à chaleur, pellets ou chauffage à distance…
Les émissions carbone de l’hôtel avaient été réduites d’un quart entre 2014 et 2024. La convention signée en 2025 a tracé une nouvelle trajectoire de réduction visant -12% supplémentaires sur les dix prochaines années, dans le même temps où des mesures dépassant le cadre de la convention apporteront une réduction de -10%. La nouvelle trajectoire a marqué d’emblée un bel écart dans le bon sens, de l’effet notamment du passage à l’induction. De quoi induire de nouvelles énergies s’il était besoin chez Stéphane Michellod pour les années à venir !
Le conseiller AEnEC Julien Messer (à gauche) et le directeur de l’hôtel, Stéphane Michellod. (Image : Jean-Luc Renk)
Julien Messer (à gauche) et Stéphane Michellod. (Image : Jean-Luc Renk)
L’hôtel Alpe fleurie a pris un florilège de mesures ambitieuses visant à améliorer l’efficacité énergétique. . (Image : Jean-Luc Renk)
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Alpe Fleurie en quelques chiffres
27
chambres et suites
14
collaboratrices / collaborateurs à plein temps
10 000
nuitées /an
22 000
repas / an
