×

Faites le calcul.

Calculez les avantages d’une participation.

×

Nous vous répondons dès ce lundi:
Jacqueline Jakob

Die EnAW kontaktieren (overlay) FR

Il vous suffit de nous passer un coup de fil : +41 32 933 88 55

Sending
20181106094644 Jacqueline Jakob Freigestellt

Regards croisés sur les questions énergétiques

Le 14e forum romand de l’Agence de l’énergie pour l’économie tenu ce mardi 17 novembre à Forum Fribourg a permis à l'habituelle petite centaine de participants de voir confrontés des points de vue multiples sur l'énergie. Divers acteurs de la transition énergétique, représentants de l'économie, de l'administration et des services, ainsi que des techniciens de terrain ont apprécié cette année encore une belle occasion de rencontres et d'échanges sous l'égide de l'AEnEC.

Patrick Deixonne, un explorateur revenu de continents de plastique

Comme l’avait souligné dans son invitation à cette journée Martin Kernen, membre de la direction de l’AEnEC et responsable romand, « l’efficacité énergétique est un thème d’actualité, excellente chose ! » Excellente chose également que de pouvoir débattre de divers aspects de la gestion et du futur de l’énergie dans l’économie grâce à quelques « regards croisés ». Ainsi, autour d’une théorie économique, les regards croisés du chercheur universitaire et d’un directeur d’opérations d’entreprise : aux résultats en demi-teinte de l’étude de Matthieu Aubert à l’Université de Neuchâtel, sur l’impact de la législation environnementale sur l’innovation, l’ingénieur chimiste Nicolas Tièche a répondu par son expérience très positive au sein de l’usine bulloise du groupe pharmaceutique UCB. Autres regards croisés proposés lors du forum, ceux du rédacteur en chef de la Revue Durable, Jacques Mirenowicz, qui a évoqué la difficulté à convaincre de l’urgence absolue de la transition énergétique, et de Julien Hoefliger, ex-directeur des Salines de Bex, toujours heureux de partager son expérience de gestion durable économiquement très favorable.

 

Multiplier les points de vue, permettre qu’ils soient partagés avec une diversité de participants est une contribution fondamentale au tournant énergétique. Celui-ci avancera difficilement tant que ses différents acteurs ne seront pas, ou peu ou mal, informés de ce que les autres acteurs font – ou ne font pas – et pourquoi. Il faut rappeler sans cesse que tous, des décideurs aux citoyens en passant par l’économie, l’administration, la recherche… nous sommes tous acteurs de la transition énergétique, chacun à notre manière, à notre échelle. Cette étape proprement historique ne se fera pas sans la participation de chacun.

 

En ce sens, on trouvera particulièrement heureux le terme d’ « entreprise participante de l’AEnEC » qui s’applique aux plus de 3500 entreprises suisses qui se sont déjà engagées auprès de l’agence à des objectifs d’efficacité énergétique et de réduction d’émissions de CO2. Une participation payée de retour : l’accompagnement aux entreprises participantes porte loin dans l’avenir comme a pu le souligner le directeur de l’AEnEC Armin Eberle, dans son message de bienvenue : « D’ores et déjà, l’AEnEC, avec les associations faîtières de l’économie, discute avec l’OFEV des prochaines versions de la loi sur le CO2, pour que celle-ci soit plus simple, plus souple et plus ouverte pour l’économie, cette dernière ayant déjà montré qu’elle travaille plutôt bien avec l’écologie ! ».

 

Le forum s’est achevé par un exposé du navigateur-explorateur Patrick Deixonne, membre des « Expéditions 7e Continent » : un continent dont la planète se passerait bien, constitué de tous les plastiques emportés vers les océans et que la rotation des courants piège en plusieurs endroits, sur des surfaces ahurissantes – une superficie trois fois grande comme la France dans l’Atlantique Nord, six fois dans le Pacifique Nord ! « Sur les 300 millions de tonnes de plastiques produites chaque année, a insisté Patrick Deixonne, seules 5 % sont recyclées, et 10 % finissent dans les océans, avec leur charge de polluants organiques et de métaux lourds, et s’y réduisent peu à peu en petites particules qui entrent dans les chaînes alimentaires ». Quant à disparaître complètement, c’est l’affaire de décennies, de siècles voire de millénaires selon les plastiques, a précisé le navigateur. En conclusion d’une journée consacrée à l’efficacité énergétique et à la réduction des émissions CO2, l’exposé de Patrick Deixonne a apporté une métaphore bien utile de ce qui se passe avec le CO2, mais de manière invisible, et donc d’autant plus pernicieuse : une lente accumulation qui vient peser sur notre avenir…