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Économiser les ressources est-il utile ?

14.07.2023

Il est possible d’établir une stratégie de manière plus rapide qu’en organisant des ateliers stratégiques sans fin dans lesquelles les esprits s’échauffent autour de discussions épiques. Opter pour la démarche présente dans le pari de Pascal vous fait avancer rapidement.

Lorsque le philosophe et mathématicien Blaise Pascal (1623-1662) se penche sur la grande question de son époque – Dieu existe-t-il ? – il fait la constatation suivante : celui qui croit en l’existence de Dieu n’a pas besoin d’une preuve de cette existence ; à l’inverse, aucune preuve au monde ne pourra convaincre celui qui ne croit pas en l’existence de Dieu d’évoluer.

En posant la question de l’utilité de croire en Dieu au lieu de s’interroger sur l’existence même de Dieu, Pascal a eu un trait de génie. Si l’on représente sa réflexion sous forme de tableau, nous aboutissons à deux options : soit je crois en Dieu, soit je ne crois pas en Dieu ; et nous obtenons deux vérités possibles : « Dieu est, ou il n’est pas ».

Pascal poursuit son raisonnement en déclinant les options : si Dieu existe et que je suis croyant, je vais au paradis. Si Dieu n’existe pas et que je suis croyant, je gaspille inutilement du temps en priant.

Pascal termine par un compte de pertes et profits que pourrait établir un comptable dépourvu d’humour : le gain que je peux attendre d’une vie de foi (vivre au paradis) est supérieur à la perte qu’une vie de foi peut me faire subir (prier inutilement). Donc, selon Pascal, croire en Dieu n’est peut-être pas logique, mais c’est utile.

Connu sous le nom de pari de Pascal, ce raisonnement est rentré dans l’histoire. Il est vu comme l’un des premiers cadres décisionnels qui soient. Mais est-il encore applicable aujourd’hui à des prises de décisions ?

Prenons la question de savoir s’il est pertinent d’économiser les ressources. Une discussion sur le sujet aboutira rapidement à une guerre des tranchées, dans laquelle personne ne bougera d’un pouce. Avec Pascal, posons-nous donc la question : économiser les ressources est-il utile ?

Regardons notre tableau. Nos deux options figurent en haut du tableau : « J’économise les ressources » et « Je n’économise pas les ressources ». Les deux vérités sont données dans la colonne de gauche : « Économiser les ressources a une utilité » et « Économiser les ressources est inutile ».

Si nous économisons les ressources et qu’il s’avère que c’est utile, nous avons économisé de l’argent et sauvé notre planète (1). Si nous économisons les ressources et que cela s’avère inutile, nous aurons uniquement économisé de l’argent (2).

Si par contre nous n’économisons pas les ressources et qu’il s’avère qu’économiser les ressources présente une utilité, alors c’est raté : nous avons gaspillé des ressources, pollué l’environnement et peut-être encore entaché notre réputation (3). Et si nous n’économisons pas les ressources et qu’il s’avérait que c’était parfaitement inutile ? Il ne se passe absolument rien (4).

Venons-en au compte de pertes et profits : si nous économisons les ressources, la perte la plus importante est une réduction de nos dépenses. Si nous n’économisons pas les ressources, la perte la plus importante que nous pouvons subir est un écroulement du monde.

Pour Pascal, il serait donc juste, d’un point de vue stratégique, que nous économisions les ressources.


Les auteurs

Mikael Krogerus (à gauche), journaliste, et Roman Tschäppeler (à droite), créateur de contenu. Ensemble, ils ont notamment écrit « Le livre des décisions » (réédité en poche chez Alisio en 2018), qui a remporté un très grand succès. Ils tiennent aussi une chronique dans l’hebdomadaire alémanique « Das Magazin », dans laquelle ils dissèquent chaque semaine les pièges du monde du travail moderne.

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