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20181106094644 Jacqueline Jakob Freigestellt

CAUX PALACE, LA DURABILITÉ SEREINE

La fondation Initiatives et Changement Suisse donne vie au-dessus de Montreux à un bâtiment d’exception : un palace de 1902, aux vocations successives contrastées. Il est désormais un lieu de rencontres réputé, dédié à la paix, à l’économie équitable et au développement durable. Sa gestion de l’énergie, avec l’appui de l’AEnEC depuis 2007, en est le tranquille reflet.

Au-dessus de Montreux, le Caux Palace est le lieu de sereines rencontres et réflexions. Et tout aussi sereinement d'améliorations énergétiques constantes. (photo Caux-IofC / Jean-Rémy Berthoud)

Surplombant le lac Léman, face aux Alpes, le Caux Palace a une histoire plutôt inhabituelle. Certes la haute société s’y pressa à la Belle-Epoque : Sacha Guitry, Romain Rolland, Rudyard Kipling, John D. Rockfeller, le Maharajah de Baroda … Mais la crise de 1929 entraîna sa faillite puis sa fermeture alors que commençait la Seconde Guerre mondiale. Le gouvernement suisse le rouvrit en 1944 pour accueillir des soldats britanniques évadés de camps italiens, des Italiens fuyant le fascisme, 1670 Juifs hongrois … Un chêne planté dans le parc en 1999 marque leur souvenir, honorant aussi celles et ceux qui ne purent entrer en Suisse.

Dès 1946, une centaine de personnalités et de familles rachetèrent le palace pour le muer en lieu de rencontres sous l’égide d’une fondation inspirée par le « réarmement moral » qu’avait initié le pasteur américain Frank Buchman en 1938. 3000 personnes assistèrent à une première conférence! Depuis, chaque été, d’importantes rencontres – devenues le « Caux Forum » en 2017 –, y sont dédiées à la paix, à l’économie éthique et à une vision durable. Le Caux Palace a servi aussi le rapprochement franco-allemand après la guerre, la réconciliation du Japon avec la communauté internationale, l’indépendance du Zimbabwe, le dialogue entre parties de pays déchirés – Liban, Somalie, Cambodge, Afrique du Sud, Burundi … Et l’accueil s’y est encore étoffé quand en 1995 la Swiss Hotel Management School, en est devenu locataire.

 

D’AUTRES DÉFIS

En coulisse de l’ouverture aux grands défis du monde, d’autres défis plus quotidiens procèdent du volume imposant du bâtiment, 8 étages, tours incluses. Dont le défi énergétique, que Christoph Keller a relevé 32 ans durant avant de passer le témoin, début 2019, au nouveau responsable « bâtiments, parcs & forêts », Adrien Giovannelli. Passage en douceur : Christoph Keller s’active encore comme bénévole et c’est lui qui nous guide pour un tour des lieux : « Le palace compte quelques superbes volumes tels que la salle de bal devenue théâtre, la grande rotonde avec ses larges baies vitrées (aujourd’hui salle de conférence) ou au-dessous de celle-ci la salle à manger, couronnée d’une galerie où jadis les orchestres agrémentaient les repas », évoque Christoph Keller, en précisant : « Avec tous les locaux de service qui gravitent autour de ces espaces majeurs, les deux centaines de chambres, les larges couloirs et les cages d’escaliers (celles amples, en marbre, qui étaient réservées aux hôtes et celles plus sobres pour le personnel), le volume total est de 110 000 m3 pour une surface de 29 500 m2. Dont 21 000 sont chauffés ».

 

ENERGIE DU PASSÉ, SOLUTION D’AVENIR

Le chauffage, justement, a été l’objet de l’amélioration énergétique la plus spectaculaire, un … retour en arrière vers une ressource du passé, locale: le bois. « Là où il fallait 300 000 l de mazout par an, il n’en faut plus qu’un cinquième en appoint, le bois assurant le reste dans notre nouvelle chaudière », se félicite Christoph Keller. Quand la demande est au plus fort, pendant l’hiver, on brûle 80 m3 de bois par semaine ». La Villa Maria voisine, qui complète le « Centre de conférences et de séminaires de Caux », est reliée à l’installation, ainsi qu’un chalet voisin et le Lectorium rosicrucien sis à petite distance. En termes d’empreinte carbone, le Caux Palace est ainsi passé de 680 tonnes de CO2 annuellement à 189 tonnes !

 

Les techniques les plus actuelles permettent d’exploiter le combustible avec la meilleure efficacité. Passées quatre grosses pompes et une vingtaine plus petites, de nouvelle génération, des vannes de radiateur neuves ont été installées au fil de 2 km de tuyauterie, dans chacune des chambres. Ces vannes, Christoph Keller les a réglées individuellement pour un parfait débit selon la situation de la pièce, le nombre et la position des fenêtres. « Une température égale est ainsi assurée dans chaque chambres en évitant l’alignement de toute l’installation de chauffage sur la chambre la plus fraîche – ce qui mènerait à surchauffer les autres », explique-t-il. Cette chaleur bien dosée, il faut la tenir à l’intérieur. 1450 m2 de toits plats ont reçu une couche isolante de 20 cm. « La pertinence des travaux, à un stade intermédiaire, était déjà évidente: au coeur de l’hiver, la partie isolée s’est couverte de neige – pour un supplément d’isolation ! – alors que la surface non isolée restait libre de neige en raison des pertes de chaleur », se souvient Adrien Giovannelli. Isolation pour les fenêtres aussi: le bâtiment en compte quelques 900, soit 2000 m2, dont on a amélioré les joints, le classement patrimonial du palace interdisant de les modifier de manière conséquente.

 

PETITES MESURES DÉMULTIPLIÉES = GRANDS EFFETS !

Dans un palace de plus de 200 chambres, la généralisation des douches par remplacement ou réaménagement des baignoires est garante d’un bel impact énergétique, d’autant plus avec des limiteurs de débit qui réduisent la consommation d’eau chaude, et donc d’énergie. Idem avec le passage aux éclairages LED dans les chambres et les plus d’un kilomètre de couloirs, ainsi que dans la cuisine, utilisée, éclairée 15 heures par jour 330 jours par an! « Celle-ci est pourvue d’un système de délestage électrique : lors de fortes consommations, certains appareils sont arrêtés dans un ordre précis, évitant pics, surcharges et surconsommation », souligne Adrien Giovannelli. « Côté chambres froides, l’isolation a été rénovée, les portes équipées de nouveaux joints et de contacteur actionnant la lumière, la chaleur des compresseurs est récupérée pour préchauffer l’eau en cuisine … ».

A ce cortège de mesures, Adrien Giovannelli en ajoute une autre en conclusion: « Nous expliquons à nos hôtes combien les gestes simples du quotidien concernant l’éclairage, l’usage de l’eau, les quantités qu’on se sert au buffet, le recyclage des déchets … ont un impact énorme sur l’environnement et notre consommation énergétique. La meilleure économie d’énergie n’est-elle pas celle que tout un chacun peut répéter chaque jour ? »

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