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20181106094644 Jacqueline Jakob Freigestellt

Investir dans l’efficacité énergétique : convaincre les décideurs

Spécialiste en gestion d'entreprise, le Dr Catherine Cooremans étudie, à l'Université de Genève et au sein d'Eco'Diagnostic, les processus de décision. Elle évoque ici les difficultés, souvent, à replacer l'efficacité énergétique dans une perspective d'investissement stratégique pour l'entreprise.

Au départ de vos recherches, vous constatez une vision simpliste des décisions d’investissement ?
Dans l’approche qui domine aujourd’hui, on considère la décision d’un investissement comme déterminée simplement par la rentabilité et résultant directement d’une évaluation technique. Mais ces éléments ne suffisent pas à expliquer le processus de décision puisque des améliorations rentables ne sont pas réalisées, en particulier dans le domaine de l’efficacité énergétique. La logique financière n’est donc pas décisive !

Quelle logique est à l’œuvre alors ?
La logique stratégique apparaît plus importante dans les choix d’investissement des entreprises. Est considéré comme stratégique tout ce qui permet de construire un avantage concurrentiel, de favoriser la valeur créée et commercialisable tout en tenant au plus bas les coûts de production et les risques inhérents à tout investissement pour développer un produit.

Cette logique semble conquérante mais elle est parsemée d’entraves, dites-vous ?
Dans les faits, la décision d’investir est l’aboutissement d’un processus complexe, dynamique, qui est influencé par les contextes interne et externe, par les acteurs impliqués, qu’il s’agisse d’individus ou de structures dans l’entreprise, et aussi par les caractéristiques de l’investissement. Ainsi, s’agissant de gestion de l’énergie, au niveau des acteurs, on constate souvent que les personnes responsables de l’énergie sont dotées d’un faible pouvoir décisionnel en dépit de leur grande détermination. En face, le top management apparaît peu impliqué, préoccupé essentiellement de risques financiers, d’incertitudes sur les prix ou les technologies, recherchant des raisons de ne rien faire et de maintenir le statu quo, ancré dans des idées reçues et prêtant plus d’attention à tout ce qui les renforce qu’à ce qui les contredit. Bref, regardant le futur avec les lunettes du passé !
Ce qui conduit à voir de manière réductrice l’investissement en efficacité énergétique comme peu stratégique, peu structuré, incertain quant aux résultats, peu stimulant. Or, dans l’entreprise, un thème non stratégique perdra la compétition entre investissements.

Comment infléchir cette vision des choses ?
D’abord, il convient de ne pas faire de l’efficacité énergétique un projet seulement technique, mais l’ouvrir à la dimension humaine et organisationnelle de l’entreprise. Ensuite, développer un management de l’énergie, pour créer un cadre favorable et rendre l’énergie visible. Le management de l’énergie, éventuellement certifié ISO 500001, s’appuie sur un état des lieux pour concevoir et mettre en œuvre un plan d’action. Il permet une mesure de performance à améliorer sans cesse, dont les conséquences déborderont le cadre purement énergétique. Le triangle valeur-coûts-risques s’en trouve ainsi complété, mettant en évidences de multiples bénéfices des APE (actions de performance énergétique) qui vont  bien au-delà d’une simple réduction des coûts de l’énergie. Ces actions entraînent souvent, notamment, une amélioration de la qualité des produits et du confort des clients et employés,  une réduction des coûts  de maintenance et de suréquipement, une réduction du risque commercial et des  risques liés aux prix fluctuants de l’énergie et des taxes frappant les rejets. L’efficacité énergétique devient donc objet de management, se prête à une communication appropriée au sein de l’entreprise. En un mot, la voilà à son tour… stratégique !