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20181106094644 Jacqueline Jakob Freigestellt

FACE AU RISQUE DE PÉNURIE

La Suisse s'occupe de la sécurité de son approvisionnement énergétique.

PÉNURIE D’ÉLECTRICITÉ

La guerre en Ukraine a bousculé l’échiquier, plongeant toute l’Europe dans une crise énergétique. Conséquence : une pénurie d’électricité est désormais un risque aussi réel que sérieux.

Aurons-nous assez d’électricité l’hiver prochain ? Certains facteurs qui ne relèvent pas de notre seule influence peuvent mener à une pénurie. La Suisse ne serait pas l’unique pays touché puisque cela concernerait une grande partie de l’Europe. Il y a pénurie lorsque l’électricité disponible est insuffisante pour couvrir la consommation durant plusieurs jours ou semaines. Un hiver froid sans vent ni ensoleillement, des lacs de retenue indigènes présentant un niveau de remplissage très bas, des centrales électriques en panne dans un pays voisin (France) et des cyberattaques visant des centrales ou des réseaux électriques sont autant d’éléments dont la combinaison peut dégénérer en situation pénible. La guerre en Ukraine vient s’y ajouter, faisant planer l’incertitude sur la poursuite de l’approvisionnement de l’Europe en gaz russe.

En cas de crise imminente, le Conseil fédéral mettrait en vigueur – en fonction de la situation concrète – des ordonnances incluant des mesures qui visent à maintenir l’équilibre entre la production et la consommation d’électricité à un niveau réduit. Il pourrait par exemple prévoir un pilotage centralisé du parc suisse de centrales électriques et suspendre ainsi les opérations de négoce du courant. Il aurait aussi la possibilité de prendre des mesures réduisant la consommation, telles que des appels aux économies volontaires d’électricité, des restrictions pour les utilisations à forte consommation, le contingentement des grands consommateurs (30 000 entreprises env.), voire, en dernier recours, des délestages par rotation.

Les entreprises seraient fortement touchées par de telles mesures. Nombre d’entre elles sont déjà engagées sur la voie d’une meilleure efficacité énergétique. Si le risque devenait sérieux, elles devraient dans certains cas réduire drastiquement leur consommation d’électricité. Il est donc de leur responsabilité de prévoir des plans de gestion de crise à sortir du tiroir face à une éventuelle urgence. Faisant partie de l’OSTRAL, les gestionnaires de réseaux de distribution sont les premiers points de contact pour les entreprises. Les réactions montrent que ces dernières font de sérieux efforts pour déterminer où leur exploitation peut économiser de l’énergie. Car les potentiels varient selon les branches et d’une entreprise à l’autre. Les solutions peuvent même inclure des mesures tombant sous le sens, comme arrêter la ventilation ou baisser la température dans les locaux.

Chaque kilowattheure compte, y compris ceux que l’on ne consomme pas. La gestion durable et efficace de l’énergie est d’ores et déjà un principe suprême, et d’autant plus à l’arrivée de l’hiver. Nous pouvons tous contribuer à maîtriser la crise énergétique et à contenir quelque peu ses potentiels dégâts.

L’auteur

Michael Frank est directeur de l’Associationdes entreprises électriques suisses AES et membre du comité de direction de l’AEnEC. L’AES s’engage en faveur d’un approvisionnement de la Suisse en électricité sûr, compétitif et d’origine durable.


PÉNURIE DE GAZ

Le risque d’une pénurie de gaz ne peut être entièrement exclu cet hiver. La Confédération et l’industrie gazière prennent les dispositions nécessaires.

Nous devons envisager que la Russie ne livre plus du tout de gaz en Europe à plus ou moins brève échéance, et que le stockage de gaz ne soit pas assuré comme prévu. La Suisse pourrait donc connaître une pénurie de gaz cet hiver. En mars, le Conseil fédéral a posé les bases juridiques permettant à l’industrie gazière d’opérer des achats communs en prévision de l’hiver prochain. Depuis lors, les sociétés régionales ont mis en oeuvre le concept prévu pour renforcer la sécurité de l’approvisionnement gazier : ce concept comprend la mise en place d’une réserve physique, par stockage de gaz dans les pays voisins, d’une part, et des options prévoyant des livraisons supplémentaires de gaz non russe d’autre part. L’industrie gazière entend réduire les dépendances face au gaz russe pour s’en affranchir totalement à moyen terme. Il faut donc que les filières d’approvisionnement soient diversifiées. En cas de pénurie effective, il est aussi crucial que le gaz soit livré physiquement en Suisse. Il est donc indispensable que la Confédération maintienne ses efforts visant à négocier des conventions bilatérales, en particulier avec l’Allemagne, la France et l’Italie.

Si la Suisse devait être confrontée à une pénurie que l’industrie gazière n’arriverait pas à pallier en jouant sur les instruments de l’économie de marché, la Confédération prendrait le relais, par l’entremise de l’Approvisionnement économique du pays (AEP), au moyen de mesures de gestion réglementée. Dans un premier temps, elle ferait appel aux consommateurs pour que ceux-ci réduisent leur consommation de gaz. Simultanément, elle peut ordonner aux entreprises équipées d’installations bicombustibles de passer du gaz au mazout. Le Conseil fédéral peut également ordonner des restrictions, comme des limitations de la température dans certains bâtiments ou bureaux publics. Face à une persistance de la pénurie, la Confédération pourrait aussi ordonner des contingentements. Dans un premier temps, toutes les installations des consommateurs qui ne sont pas considérés comme des consommateurs protégés seraient soumises au contingentement. Les consommateurs protégés sont notamment les ménages, les services sociaux essentiels (à l’exclusion des secteurs de l’enseignement et de l’administration publique) et les installations de chauffage à distance fournissant les ménages et les services sociaux essentiels.

Les hôpitaux, l’alimentation en énergie et en eau et les organisations d’urgence comptent également parmi les services sociaux essentiels. Sur mandat de la Confédération, l’ASIG met actuellement sur pied l’OIC Gaz, une organisation d’intervention instituée pour assurer l’approvisionnement gazier du pays en cas de situation extraordinaire. Soumise à l’approvisionnement économique du pays (AEP) de la Confédération, l’OIC Gaz agit sur les instructions de l’AEP. Elle a pour mission d’observer les évolutions et d’apporter son appui aux exploitants du réseau dans la mise en oeuvre des mesures ordonnées par la Confédération en cas de pénurie de gaz. Pour plus d’informations, veuillez consulter le site kio.swiss/fr.

L’auteure

Daniela Decurtins est directrice de l’Association Suisse de l’Industrie Gazière (ASIG) et membre du comité de direction de l’AEnEC. L’ASIG représente les intérêts de l’industrie gazière suisse. Ce secteur économique vise notamment à décarboner la fourniture de gaz à l’horizon 2050.

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