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20181106094644 Jacqueline Jakob Freigestellt

Efficacité énergétique : partager pour progresser

Conseillère AEnEC à la fois de grandes industries et d'hôtels, Sahar Pasche aime cette rencontre de la technique et du relationnel, par laquelle se concrétisent et se partagent des résultats énergétiques remarquables.

QUEL ITINÉRAIRE VOUS A MENÉE À L’AENEC ?

Je suis physicienne, formée à l’Ecole polytechnique de Lausanne. J’y ai soutenu ma thèse sur une étape de l’organisation de la matière à l’échelle moléculaire. Puis, plus en prise avec le quotidien, j’ai dirigé chez un grand distributeur d’énergie une équipe avec des missions d’audit sur la consommation d’électricité dans les entreprises – première initiative du genre en Suisse. Quelques centaines d’audits plus tard, j’ai appliqué un de mes principes, « je reste tant que j’apprends ». Je me suis alors établie comme indépendante avec la volonté d’aborder l’énergie en conciliant questions techniques, aspects économiques, implications législatives et relations humaines. Dans ce contexte, en 2005, j’ai ajouté à mes activités le rôle de conseillère AEnEC.

UNE APPROCHE PARTICULIÈRE DANS VOTRE TRAVAIL ?

A mêler théorie et expérience dans mes années de physicienne, j’ai pris l’habitude d’aborder toute situation en vue globale. Quand je débute l’accompagnement d’une entreprise, avant de considérer les équipements et actions mis en œuvre ou projetés, je me fais une première idée en comparant l’énergie consommée globalement – qui découle des besoins spécifiques à l’activité de l’entreprise – à la puissance installée des équipements. Ce qui permet notamment de détecter d’éventuels surdimensionnements coûteux en énergie, qu’il s’agit ensuite d’étudier précisément.

VOS TERRAINS ONT DEUX VISAGES TRÈS DIFFÉRENTS …

Oui, d’une part des hôtels, quelques grands cinq étoiles et des hôtels plus petits, familiaux. Et d’autre part de grandes entreprises industrielles dans des secteurs très divers. Mais les uns et les autres ont en commun d’excellents résultats énergétiques.

COMMENT VOS HÔTELS PROGRESSENT-ILS ?

Tous affichent des résultats au-delà d’objectifs fixés pour 2022 – 2023. Pour mes cinq étoiles genevois, l’un affiche une augmentation d’efficacité énergétique de 44 % et une réduction de l’intensité en CO2 de 40 %, scores remarquables. Pris ensemble, ils atteignent respectivement 124 % et 17 % cumulés depuis le début de leur engagement en 2013. Les deux groupes de petits hôtels que j’accompagne à Verbier et dans la région Chablais – Champéry font aussi bien en terme d’efficacité énergétique et même mieux pour le CO2 émis avec plus de 25 % de réduction.

COMMENT SONT-ILS PARVENUS À CES RÉSULTATS ?

Le catalogue d’actions est vaste, et de bon sens : optimiser ou changer les équipements d’éclairage, de chauffage, de réfrigération, de ventilation. Pour l’ensemble du groupe Chablais – Champéry, toutes mesures confondues, l’économie cumulée d’électricité a atteint le GWh en cinq ans.

Encore une fois, gare au surdimensionnement. Quoiqu’il puisse parfois être une solution : j’ai souvenir d’un hôtel avec deux ailes, chacune avec une chaudière dont l’une était surdimensionnée et l’autre… en panne. Cette dernière n’a pas été remplacée, l’autre chaudière suffisait pour satisfaire aux besoins des deux ailes.

Derrière chaque résultat, il y a un itinéraire particulier qui doit mener à un rapport de confiance.

En moyenne, une économie de 15 % est possible en optimisant le fonctionnement des installations selon les besoins, par exemple enclencher appareils ou éclairages selon des horaires pertinents, les arrêter quand ils ne servent pas. Une pratique répandue en cuisine est d’enclencher tous les équipements en début de journée, ce qui génère de la surconsommation directe mais aussi indirecte avec la ventilation ou la climatisation qui doivent évacuer des surplus de chaleur.

S’agissant d’eau chaude, on en limite la température et le débit. Pour la température ambiante, il faut garder à l’esprit qu’une diminution de 1 °C réduit de 7 % la consommation d’énergie de chauffage. Et bien sûr, améliorer l’enveloppe des bâtiments apporte aussi de grosses économies, par l’isolation des murs, plafonds, sols et toitures et l’installation de fenêtres haute performance – ainsi, le changement de 108 fenêtres a réduit d’un tiers la consommation de mazout de l’hôtel Suisse de Champéry.

AU-DELÀ DU TECHNIQUE, LE RELATIONNEL ?

Derrière chaque résultat, il y a un point de départ différent, des personnes avec des attentes spécifiques, un itinéraire particulier qui doit mener à un rapport de confiance. Par exemple, mes petits hôtels, avec leur consommation d’énergie moyenne, n’étaient pas, séparément, éligibles au remboursement de la taxe CO2. Ils pouvaient néanmoins s’associer pour conclure une convention d’objectifs unique en tant que grand consommateur d’énergie. A Verbier et à Champéry, deux directeurs d’hôtel dynamiques ont saisi cette opportunité, ils ont rassemblé autour d’eux. J’ai informé et conforté chacun des deux groupes constitués, puis les ai accompagnés dans leur mise en œuvre de mesures d’efficacité par un conseil technique et une aide administrative. Aujourd’hui, c’est un grand plaisir que partager les expériences et les accomplissements lors de nos réunions de groupe annuelles.

CES RÉUNIONS D’ÉCHANGE CONSTITUENT UN DÉNOMINATEUR COMMUN AUX AUTRES ENTREPRISES QUE VOUS ACCOMPAGNEZ …

Oui, si l’on considère leurs activités très variées – machines-outils, câblage, médical, industrie du tabac –, un de leurs points communs, en plus de leurs excellentes performances énergétiques, est la participation de leurs responsables énergie au sein du groupe d’échange AEnEC. Ils et elles y viennent avec leurs questions, partagent leurs expériences, leurs solutions, leurs résultats. Tel y expliquera comment son entreprise vise l’autonomie énergétique avec de l’eau de lac pour assurer le chaud et le froid, ou comment ses déchets sont valorisés en chaleur et en engrais par la technique de la pyrolyse. Deux de ces entreprises ont réduit de 41 % respectivement 49 % leurs émissions de CO2 notamment par le regroupement d’activités et la rationalisation des trajets routiers.

EN CONCLUSION ?

Avec mon principe « je reste tant que j’apprends », je ne suis pas près de partir …


Sahar Pasche est conseillère AEnEC depuis 2005. Avec une vision large, elle est active sur divers fronts énergétiques via son bureau conseil ECOST Energy à Épalinges (VD) et l’association d’experts Ecobuilding qu’elle a confondée avec Charles Weinmann en 2007 pour accompagner communes et particuliers dans la rénovation thermique de leurs bâtiments.

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